Remise d'épé d'académicien à A.François-Poncet au grand salon de la Maison Internationale. François-Poncet signe le livre d'or de la Maison Internationale - DR Alliance Internationale

André François-Poncet, Président de la Cité durant 13 ans

André François-Poncet est un homme politique et diplomate français, membre de l’Académie française et chancelier de l’Institut de France. Il a également été président de la Cité internationale universitaire de Paris durant 13 ans (novembre 1951  – juin 1964).

Né le 13 juin 1887 à Provins, André François-Poncet sait lire dès l’âge de 4 ans. Élève brillant, il est trop jeune pour passer le BAC lorsqu’il souhaite s’y présenter pour la première fois. Il est alors envoyé dans une famille allemande, période durant laquelle il apprendra la langue de Goethe1.

Lauréat du concours général, il est admis en 1907 à l’École normale supérieure (rue d’Ulm).

Agrégé d’allemand, auteur d’une thèse sur « les Affinités électives de Goethe », il commence une carrière d’enseignant, tout en publiant quelques billets dans la presse régionale.

Mobilisé en 1914, il fut détaché de 1917 à 1919 au service de presse de l’ambassade de France à Berne, puis devint adjoint à la Mission économique internationale, aux États-Unis.

François-Poncet avec Erhard Milch en 1937 Crédits photos

De retour en France, il fut élu député de la Seine en 1924 et réélu en 1928, puis fut appelé au gouvernement comme sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, à l’Économie nationale, puis à la présidence du Conseil. Nommé délégué adjoint à la Société des Nations, il fut, de 1931 à 1938, ambassadeur de France à Berlin, puis ambassadeur de France à Rome, de 1938 à 1940.

Sous l’Occupation, mis en disponibilité en décembre 1941, il contribue hebdomadairement à des rubriques dans Le Figaro – alors replié en zone libre à Lyon. Membre (non actif) du Conseil national mis en place par Vichy, retiré dans la région grenobloise, il est arrêté en août 1943 par le tristement célèbre Klaus Barbie accompagné de membres de la Gestapo.

Après la seconde guerre mondiale

En 1949, il devient haut-commissaire de la Zone d’occupation française en Allemagne. À ce titre, il est signataire pour la France de l’accord de Petersberg, premier pas vers la souveraineté de l’Allemagne fédérale. En août 1955, il devient pour quelques mois le premier ambassadeur de France en RFA à Bonn.

La Cité internationale

«C’est en novembre 1951 que, à la suite de la disparition brutale de Raoul Dautry, qui avait lui-même été choisi par le Président-fondateur André Honnorat peu avant sa mort, le Conseil d’administration de la Fondation Nationale avait élu à l’unanimité M. Andre François-Poncet pour lui succéder.

Grâce à une très vaste culture que sa formation de normalien nuançait sans cesse d’un humour d’excellent aloi, grâce aussi aux éminentes qualités qu’il eût maintes fois l’occasion, à des périodes cruciales de l’entre-deux-guerres, de mettre en œuvre comme diplomate au service de la France»2, M. André François-Poncet a présidé avec bonheur durant 13 années la Fondation Nationale.

André François-Poncet face à un groupe de résidents
André François-Poncet face à un groupe de résidents dans le salon Honnorat – DR Alliance Interantionale

André François-Poncet  présentait ainsi ce qui fut en quelque sorte sa philosophie ou sa profession de foi de président de la Cité internationale universitaire :

« Le nationalisme souffle à travers le Monde, depuis qu’on a écarté les rochers qui fermaient la caverne d’Éole. Peu importe! J’ai la conviction que la raison finira par l’emporter, car on s’apercevra qu’elle est conforme à l’intérêt bien entendu. Cette révolution des mœurs s’accomplira d’autant mieux et d’autant plus vite que les anciens de la Cité, rentrés dans leurs pays respectifs, y contribueront de toutes leurs forces … Les résidents ont reçu en dépôt un feu sacré ; ils ne doivent pas le laisser s’éteindre … ».

André François-Poncet échangeant avec des résidents
André François-Poncet échangeant avec des résidents – DR Alliance Internationale

Un européen convaincu

«Mon père, après la guerre, a mis toute son énergie et toutes ses convictions à construire une nouvelle relation entre la France et l’Allemagne pour ne pas retomber dans les ornières de l’avant-guerre».  André François-Poncet est bien conscient que « l’entente franco-allemande n’est pas un arbre dont les racines plongent profondément dans le sol et qui peut défier les orages. C’est un jeune arbrisseau, qui ne prospérera et ne grandira que s’il est soigné par des mains délicates»3.

André François-Poncet était très proche de Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères et fondateur avec Jean Monnet de la CECA. Aux côtés de Robert Schuman et du Chancelier Conrad Adenauer, André François-Poncet fut un artisan de la réconciliation franco-allemande et de la naissance de la construction européenne.

Pour Jean François-Poncet (son fils), le mot qui caractérise le mieux son père est celui «d’Européen», lui qui préconisait : «Là où il n’y a pas d’Europe, mettons-en un peu et, là où il y en a déjà un peu, mettons-en davantage4.

Un académicien

En 1952, il est élu à l’Académie française, au siège du maréchal Pétain, que l’Académie avait refusé de remplacer de son vivant bien qu’il en eût été radié après la Libération. Dans son discours de réception, André François-Poncet trace un portrait impartial de son prédécesseur5, que Robert Aron qualifiera de «modèle de méthode historique».

De 1955 à 1967, il est vice-président, puis président de la Croix-Rouge française. Il fut également président de la Commission permanente de la Croix-Rouge internationale (aujourd’hui Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) de 1948 à 1965.

Il décède le 8 janvier 1978, à Paris.

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  1. Souvenirs de famille : André François-Poncet, de l’Académie française. Un européen convaincu
  2. A la fondation nationale, M. Bernard CHENOT, conseiller d’Etat, ancien ministre, succède à M. André-François PONCET. La Cité, juin 1964, n° 20, p. 4-5, ill. – Archivé au sein de la Bibloithèque de la Cité internationale universitaire de Paris
  3. article du 16 novembre 1960 retranscrit dans« Au fil des jours, propos d’un libéral » (1942-1962)
  4. article du 14 décembre 1955 ibid.
  5. Discours de réception : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-dandre-francois-poncet

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